L’Association Ahwazienne pour les Droits de l’Homme (A.O.H.R) exprime sa profonde inquiétude face à la coupure totale d’Internet opérée hier par les autorités d’occupation iraniennes à Ahwaz et dans tout l’Iran, une mesure répressive constituant une violation flagrante des droits humains et des libertés fondamentales. Cette action arbitraire vise à priver le peuple d’Ahwaz et la population iranienne en général de leur droit légitime à communiquer et à échanger des informations. Elle constitue une attaque directe contre la liberté d’opinion et d’expression ainsi que contre le droit d’accès à l’information, droits garantis par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel l’Iran est légalement lié.
Ahwaz occupe une position géopolitique très stratégique dans le Golfe Persique et possède d’importantes ressources énergétiques et pétrolières, ce qui en a fait pendant des décennies le centre de politiques de sécurité et de répression sévères de la part des autorités iraniennes. Depuis le début de la révolution, le 28 décembre 2025, l’Iran a déployé des forces de sécurité à grande échelle dans les villes d’Ahwaz, craignant toute manifestation ou mouvement revendiquant la chute du régime au pouvoir à Téhéran et la restauration des droits de la population autochtone de cette région. Les autorités pensaient que cela intimiderait les citoyens. Pourtant, dans de nombreuses provinces et villes d’Ahwaz, notamment Bushehr, Bandar Jeroon (Bandar Abbas), Ilam, ainsi que les villes d’Abadan, Toster, la capitale Ahwaz et Quneitra, les habitants sont descendus dans les rues pour des manifestations pacifiques. Les forces de sécurité, accompagnées des unités du Bassidj et des services de renseignement, ont tiré à balles réelles sur les manifestants, entraînant plusieurs morts et blessés, ainsi que des dizaines d’arrestations – une violation flagrante des droits humains fondamentaux, de la liberté d’expression et du droit de réunion pacifique.
L’association souligne que la coupure d’Internet ne peut être dissociée de la répression systématique que subissent le peuple d’Ahwaz et le peuple iranien. Les autorités iraniennes recourent à cette mesure à plusieurs reprises comme préalable à la commission de violations graves, notamment la répression des manifestations pacifiques, des arrestations arbitraires massives, l’empêchement de la documentation des crimes et violations, et la dissimulation de l’usage excessif de la force, y compris les exécutions extrajudiciaires. L’association considère que la coupure d’Internet vise à isoler la population du reste du monde et à empêcher que leurs voix parviennent aux organisations de défense des droits humains et aux médias internationaux, augmentant ainsi le danger pour les civils et les manifestants pacifiques.
Selon les normes et traités internationaux, une coupure massive d’Internet constitue une violation grave des droits humains et équivaut à une punition collective interdite par le droit international. Les Nations Unies et leurs rapporteurs spéciaux ont à plusieurs reprises condamné l’utilisation de la coupure d’Internet comme moyen de répression des populations. La suspension de l’Internet pendant les manifestations est illégale et disproportionnée, même si des raisons de sécurité sont invoquées. L’association avertit que si cette mesure s’accompagne de meurtres, d’arrestations ou de tortures systématiques, elle pourrait constituer un crime contre l’humanité selon le Statut de Rome.
L’Association Ahwazienne pour les Droits de l’Homme (A.O.H.R) demande la levée immédiate et inconditionnelle de la coupure d’Internet à Ahwaz et dans tout l’Iran, la garantie de la liberté d’expression et de communication sans restrictions, l’accès libre des organisations de défense des droits humains et des médias à l’information, ainsi que l’ouverture d’une enquête internationale indépendante sur les violations commises et la tenue pour responsables de tous les auteurs de crimes contre le peuple d’Ahwaz et le peuple iranien.
L’association lance un appel urgent aux Nations Unies, au Haut-Commissariat aux droits de l’homme, aux rapporteurs spéciaux sur la liberté d’expression et les exécutions extrajudiciaires, ainsi qu’aux organisations internationales de défense des droits humains, pour intervenir immédiatement afin de protéger le peuple d’Ahwaz et le peuple iranien et de mettre fin aux violations graves qu’ils subissent.
L’Association Ahwazienne pour les Droits de l’Homme (A.O.H.R)